Résilience économique des territoires et ESS

L’économie sociale et solidaire est née et s’est développée comme une sorte de palliatif, de pansement sur les externalités négatives issues du modèle capitaliste et libéral qui est le nôtre puis de la mondialisation et enfin du soutien sans faille à l’économie de marché de nos Etats (la crise de 2008 en est la démonstration). C’est une alternative à la fois au capitalisme et à l’économie socialiste car elle offre une vision pacifiée et non violente des relations au sein des organisations.

L’ESS vient compenser à sa mesure les inégalités sociales, les risques écologiques, les conflits sociaux prenant tour à tour des formes associatives proches de l’Etat providence, les formes coopératives permettant l’union face à des choix d’entreprises libérales (fermeture d’établissement, achats massifs et non auprès de petits producteurs, etc.), les formes d’entreprises sociales lors que l’Etat providence n’est plus et qu’elles doivent utiliser les outils traditionnels du libéralisme pour atteindre leurs objectifs sociaux.

Une nouvelle crise s’annonce. En réalité cette crise était déjà à l’œuvre mais elle s’est accélérée avec le COVID 19. Cette crise est systémique. Il ne s’agit pas d’une « simple » crise économique mais d’une crise politique, d’une crise écologique, d’une crise idéologique, d’une crise d’humanité.

Il est facile de continuer à faire ce que nous avons toujours fait, injecter de l’argent dans les banques et dans les grosses industries traditionnelles en priant pour que la consommation des ménages redémarre sauf qu’aujourd’hui ce n’est plus suffisant.

Le mois de confinement qui vient de s’écouler a permis d’atteindre le niveau d’émission de CO² sur lequel la France s’est engagée lors de la COP 21. Que s’est-il passé dans ce dernier mois ? Les français se sont recentrés sur leurs besoins de base et sur leurs liens sociaux (familles, amis, collègues). Ils ont pris soin les uns des autres. Ils ont donc modifié en grande partie leur mode de consommation et leur comportement.

Il y a donc un dilemme : faire repartir la consommation et l’économie, c’est mettre à mal l’écologie et donc pose une question pour le long terme sans compter la casse sociale pour rentabiliser l’outil productif. Transformer l’économie pour la remettre au service du plus grand nombre, c’est créer dans un premier temps un choc, un chômage de masse et assumer à l’international cette position qui ne permettra pas de tenir les engagements de la France sur sa dette.

L’Economie Sociale et Solidaire peut permettre de passer de manière plus maîtrisée de l’un à l’autre des modèles énoncés ci-dessus en remettant au centre des préoccupations les problématiques territoriales.

Quelques propositions concrète pour la résilience économique des territoires et du secteur industriel français :

Construire des filières françaises fiables permettant de relocaliser une partie des productions et d’organiser l’ensemble de la chaîne de valeur

Aujourd’hui la dépendance économique française est tout au long de la chaîne de valeur, des matières premières à la gestion des déchets.

Les acteurs ou principes de l’économie sociale et solidaires ont favorisé des bulles d’indépendance. C’est le cas sur certaines filières agricoles, sur les premières filières d’économie circulaire telles que le textile et des expériences sont également montées sur le BTP, le mobilier, l’horticulture.

Cette recherche d‘indépendance dans des filières clés prend corps dans le territoire mais doit être portée par de multiples écosystèmes coordonnés car :

  • Les chaînes de valeur peuvent difficilement aujourd’hui être situées sur un unique bassin d’emploi ;
  • Le passage à l’échelle permettant les gains de productivité pérennisant les activités doit être recherché

Exemples :

  • Relocalisation de la filière du sarrasin bio sur diverses territoires français : Creuse, Bourgogne, Bretagne de la production agricole à la transformation
  • Création textile sur la base de déchets d’entreprise : L’offre Viméthic de Mode Estime et de Triethic de recyclage, d’Upcycling et de conseil/écoconception
  • Le Collectif de la Fleur française qui appuie la relocalisation de la production de fleurs en France et promeut l’activité de fleuristes responsables. Cette solution est particulièrement intéressante sur des sols pollués type friches industrielles car elle ne nécessite pas ou peu de dépollution certaines plantes permettant elles-mêmes de dépolluer certains sols. (http://collectifdelafleurfrancaise.com/)

Accompagner les entreprises vers une meilleure prise en compte des réalités sociales et écologiques : intégrer des entreprises sociales dans la chaîne de valeur des autres entreprises.

Pour limiter les effets de la crise, il faut que les entreprises traditionnelles changent de paradigme et apprennent à penser différemment.

Là encore l’ESS est un formidable outil de formation et d’évolution des pratiques que ce soit les pratiques managériales, les pratiques de coopération/collaboration, l’innovation frugale, la conduite de projets complexes, etc.

L’expérience du Club Social Business déployé par REC Innovation en partenariat avec l’ADIVE, SocialCoBizz, Ashoka,la CRESS IDF, le GRAFIE et KPMG permet depuis 2018 de développer des coopérations de manière à sécuriser le modèle économique des entreprises sociales et de faire évoluer les entreprises vers un impact social et écologique plus efficient.

Les coopérations les plus développées aujourd’hui sont l’achat responsable, via l’achat interne à l’entreprise ou via la conquête de nouveaux marchés en intégrant l’offre du partenaire entreprise sociale mais également le codéveloppement de nouvelles solutions que ce soit dans l’organisation interne de l’entreprise (management, RH) ou que ce soit pour développer une nouvelle offre de service ou une nouvelle gamme de produits (innovation, expérimentation).

Le Club Social Business a un rôle d’intermédiaire et de facilitateur afin de gagner du temps sur les mises en relations et pour avoir un impact rapide et fort, puis de traducteur entre des entreprises qui ne se comprennent pas toujours et enfin de coach pour l’entreprise sociale sur la relation business et de l’entreprise classique dans la mesure de son impact.

Cette solution testée en Île-de-France peut être facilement déployée à une échelle nationale avec l’appui de réseaux tels que les CRESS.

https://www.clubsocialbusiness.com/

ESS comme expérimentation de nouvelles gouvernances économiques territoriales et outils de financement

La crise post COVID va renforcer les tensions dans certains métiers et chez les petits industriels notamment de l’agroalimentaire.

Ces petits industriels ont souvent peu d’employés mais sont néanmoins des employeurs importants dans le territoire. Ils ont un âge avancé et sont proches de la retraite. Ils ont laissé souvent leur chaîne de production vieillir sans prise en compte d’innovation améliorant la productivité de leur outil.

L’ESS par sa capacité mobilisatrice et sa propension à faire collaborer différents partenaires, est une solution efficiente.

A l’instar des coopératives agricoles ou à l’instar des coopératives liées aux énergies vertes, des coopératives industrielles pourraient être développées pour construire des projets collectifs à l’échelle de bassins d’emploi afin de pérenniser de petites industries vieillissantes.

Afin de renforcer les compétences et soutenir l’activité de ces entreprises, une force administrative et financière pourrait être mutualisée à l’échelle nationale et adossée à un outil financier en capacité de financer des investissements dans chacune des entités qui composent le collectif.

Cette solution n’est aujourd’hui qu’à l’état de concept car elle nécessite des fonds et des compétences importantes.

L’ESS est aussi pourvoyeuse de solutions de financement hybrides. On peut citer les outils de financement participatif, les outils de microcrédit, les fondations territoriales.

La SCIC France Barter porte une plateforme d’échange interentreprises de biens et de services (système de troc BtoB) qui permet de limiter les besoins de trésorerie. Cette plateforme fonctionne grâce à une adhésion des entreprises. Cette adhésion est gratuite pendant le temps de la crise. (https://www.francebarter.coop/)

Les fondations territoriales sont un moyen d’ancrer encore davantage l’économie dans le territoire et dans le réel en construisant un écosystème local collaboratif ou les entreprises et particuliers peuvent abonder les fonds d’une fondation dont l’objet est le développement du territoire de projet choisi. La plus connue est la fondation territoriale de Lille. Une autre est en réflexion dans le Jura. (https://www.banquedesterritoires.fr/fondations-territoriales-les-voies-qui-soffrent-aux-collectivites)

Enfin, l’ESS est aussi un catalyseur d’initiatives. Le mouvement des start up de territoire a vocation à décloisonner, mettre en mouvement, inspirer les acteurs d’un territoire et accompagner la concrétisation de projets entrepreneuriaux porteurs de solutions et à fort impact dans les secteurs de demain : énergie, transports, agriculture, économie circulaire, etc. Les territoires comme Romans sur Isère/ Valence, Lons le Saunier, Grenoble, Strasbourg ou encore Bordeaux se sont lancés dans ces dynamiques. (http://startupdeterritoire.fr/la-dynamique/)

La première condition à l’efficience d’une résilience économique porteuse d’une amélioration des inégalités sociales et d’un développement écologique durable ne pourra se faire sans la mise en place d’une gouvernance territoriale intégrant l’ensemble des parties prenantes du territoire et qui organiserait une prise de décision démocratique avec pour premier objectif l’utilité sociale et écologique des actions …

… une gouvernance inspirée de l’ESS en somme …

La pensée complexe et systémique une ressource pour les transitions écologiques et sociales

Je ne vais pas m’étendre ici sur les données concernant la biodiversité, le climat, la pollution des océans, la fonte des glaces, l’augmentation des inégalités à toutes les échelles territoriales …

Il devient difficile de ne pas avoir conscience de ces éléments même si les interprétations peuvent s’étendre de l’optimisme au pessimiste en passant par l’incrédulité …

Chaque élément pris à part est préoccupant et il est rationnel de se dire qu’il faut commencer par réduire le plus gros risque pour entamer la transition. Vient alors les difficultés : comment être capable de déterminer de quel risque il s’agit. La deuxième difficulté à prendre les risques un par un c’est de ne pas prendre en compte les externalités positives et négatives des actions correctives. Enfin, peut-on réellement définir le risque ? Que met-on dans biodiversité ? Climat ? Inégalités sociales ?

Les ODD : l’interdisciplinarité pour un monde en transition

En 2015, les Objectifs de Développement Durable (ODD) 2030 ont remplacé les Objectifs du Millénaire pour le développement. Pour la 1ère fois, il ne s’agit pas de permettre un développement de pays cumulant un certain nombre de difficultés mais que chaque pays puisse évoluer vers une meilleure prise en compte de leurs impacts basés sur les 3 piliers du développement durable : « croissance économique, inclusion sociale et protection de l’environnement ».

Ces ODD portés par l’ONU sont donc applicables universellement, ne sont pas indépendants les uns des autres et donc doivent être travaillés de manière intégrée et systémique.

Nous ne pouvons donc pas réfléchir en d’autres termes que ceux de la complexité développée par Edgar Morin. Il faut évoluer vers un changement de paradigme, relier l’ensemble des éléments sans chercher à simplifier, être stratège et quand vient le moment de l’action, ne pas avoir peur de se tromper puisque par définition l’action c’est un choix et donc une simplification.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article qui synthétise les éléments clés de la pensée complexe : http://theconversation.com/dix-principes-pour-penser-dans-un-monde-complexe-107548

Drawdown, un exemple de solutions complexes et interconnectées

Or si on revient à notre sujet d’interconnexion des risques, comment fait-on pour choisir les actions qui permettront de réduire voire de supprimer ce risque ?

J’émets l’hypothèse que pour répondre à des risques interconnectés, il faut sans doute développer des solutions également interconnectées. Cette hypothèse est portée en partie par Paul Hawken dont les travaux de Drawdown sont frappants de ce point de vue.

Paul Hawken et son équipe se sont basé sur les différentes données existantes sur le réchauffement climatiques et les ont croisées dans l’objectif d’identifier les actions à plus fort impact pour inverser la courbe de CO² (qui est un risque parmi d’autres). Ces travaux ont permis d’identifier 100 actions listées dans l’ordre de leurs impacts, voici les 10 premières :

www.drawdown.org/solutions

En 1ère place on retrouve la réduction de la climatisation (dont on parle assez peu) puis on retrouve les questions alimentaires (réduction du gaspillage alimentaire et végétarisme) et la conservation de la forêt tropicale.

Ce qui est très intéressant c’est que les actions 5 et 6 concernent l’éducation des femmes et le planning familial. C’est une très belle illustration des liens entre le climat et les inégalités sociales.

Il ne s’agit pas de limiter les naissances mais de faire en sorte que les femmes puissent décider et donc promouvoir les meilleures actions que ce soit en agriculture (les femmes étant souvent celles qui portent l’agriculture dans les pays en développement) ou en termes de santé et d’amélioration des relations dans les familles et dans la communauté.

Ayons une vision systémique pour porter les transitions écologiques et sociales

Le projet Drawdown est intéressant même s’il s’inscrit pleinement dans un paradigme économique classique et ne cherche pas à réfléchir à l’évolution de ce paradigme. De même, ce projet ne s’attaque qu’à la question du réchauffement climatique et non à une vision globale de la société de demain à promouvoir.

Néanmoins, c’est une belle illustration du fait qu’on ne peut réfléchir les actions à mettre en œuvre de manière déconnectée mais qu’il faut ouvrir la réflexion sur des champs divers qui a priori ne relèvent pas du risque que l’on veut traiter.

Bien plus que les risques, ce sont les solutions qu’il nous faut interconnecter et questionner de manière systémique et pluridisciplinaire pour avoir l’impact le plus fort, le plus cohérent et le plus bénéfique possible quel que soit le niveau d’intervention (mondial, européen, national, organisationnel ou individuel).

Chez InterstiCiel, nous souhaitons contribuer au futur du monde en accompagnant les organisations dans cette réflexion systémique autour de leurs impacts.

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De l’hybridation des ressources à l’hybridation des modèles – Economie sociale et solidaire et entreprises à mission

Dans l’économie sociale et solidaire, nous parlons souvent d’hybridation des ressources. Longtemps nommé « tiers secteur » du fait de sa position intermédiaire entre le monde des entreprises capitalistes et le secteur public, l’ESS est marquée par l’hybridation de ressources qui peuvent venir à la fois d’une production ou de services vendus et à la fois d’un financement public contrepartie à la réalisation d’un service considéré d’intérêt général.

Or, depuis quelques années, que ce soit du fait de la raréfaction des financements publics ou du fait de choix politiques plus ou moins assumés, les structures de l’ESS connaissent une baisse des ressources publiques.

L’équilibre des ressources devient donc conditionné à la capacité de ses structures à lever des fonds privés liés à leur activité propre ou liés à de la philanthropie ou à l’engagement sociétal d’entreprises à travers des fondations ou de leur politique de Responsabilité sociale et environnementale.

Cette tendance participe à rendre le fonctionnement des organisations de moins en moins lisible. Quelles sont les différences extérieures visibles entre association assujettie à la TVA, entreprise sociale, Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale, B-corp et autres entreprises hybrides ?

Certaines différences liées à la gouvernance de ces structures sont fondamentales et il ne s’agit pas de les nier. Je vous renvoie au texte fondateur de la Loi de 2014[i] relative à l’économie sociale et solidaire et aux concepts de gouvernance démocratique, lucrativité limitée et utilité sociale.

Néanmoins, nous sommes face à un monde entrepreneurial de plus en plus flou et à une hybridation des modèles.

Quand l’ESS se crée des filiales « rentables »…

Face à des incertitudes de plus en plus marquées sur l’accès des structures à des financements publics ou philanthropiques récurrents, certaines organisations de l’ESS se lancent dans des modèles hybrides que ce soit par la création de sociétés commerciales capables d’alimenter financièrement les activités sociales (qui ne sont donc par essence pas faites pour être rentable) ou que ce soit par le montage de Joint ventures sociales qui s’appuient sur des grands groupes.

De l’autre côté de l’échiquier, avec l’appui récent de la Loi Pacte votée le 11 avril dernier à l’Assemblée Nationale, les entreprises à capitaux se voient donner la possibilité de se définir une raison d’être complémentaire à leur raison première de faire du profit. Un nouveau statut a même vu le jour, les sociétés à mission.

Du profit à une hybridation des modèles d’entreprises : les sociétés à mission

Inspiré des Benefit corporation ou entreprises hybrides qui connaissent un développement aux Etats-Unis depuis 2010 ou encore les societa Benefit en Italie, les entreprises à mission inscrivent dans leur statuts une finalité d’intérêt collectif (social, environnemental, de gouvernance) qui a valeur juridique et engage formellement les actionnaires. Cette mission étant statutaire, les entreprises à mission se dotent d’outil de gouvernance et de reporting leur permettant de suivre et de contrôler leur action.

La principale différence avec les engagements RSE c’est la portée des engagements juridique qui deviennent opposables contractuellement dès lors qu’ils sont inscrits dans les statuts. Il s’agit donc bien d’intégrer davantage un intérêt collectif dans l’entreprise qui dépasse le seul intérêt de profitabilité. Cette évolution statutaire entérine donc le rôle social voire politique de l’entreprise et rééquilibre le pouvoir entre actionnaires et entreprise en tant qu’entité à parties prenantes multiples (salariés, partenaires, riverains, etc.).

Autrement dit par Blanche Ségrestin, Armand Hatchuel et Kevin Levillain dans le cadre de leurs travaux à Mines ParisTech et au sein du programme du collège des Bernardins, « la formulation d’une « mission », c’est-à-dire des progrès ou des « futurs désirables » auxquels l’entreprise s’engage contractuellement à contribuer par son activité, permet en interne de fonder l’engagement des parties dans l’entreprise ainsi que l’habilitation d’un pouvoir de direction au nom de cette mission. En externe, la mission donne à la société et aux parties concernées un droit de contrôle sur l’entreprise tout en reliant l’intérêt de l’entreprise à l’intérêt collectif[. »[ii]

Et si ESS et entreprises à mission permettaient de créer un nouveau modèle économique durable ?

Nous sommes dans un contexte de transition(s) particulièrement marqués par des enjeux sociaux et environnementaux sans précédent. Chez InterstiCiel nous sommes convaincus du rôle des « agents économiques » que ce soit au niveau individuel ou que ce soit au niveau des organisations. Il n’est plus temps d’être dans la compétition ou la négociation mais bien de faire un pas vers un intérêt collectif sur lequel ESS et entreprises à capitaux peuvent réciproquement se développer.

L’ESS peut apporter ces savoir-faire particuliers que sont la gestion du collectif, la construction de projets multi objectifs, l’évaluation des impacts sociaux et environnementaux de son action, aux TPE/PME qui s’engagent dans une « mission » qui dépasse leur objectif premier de faire du profit.

Chez InsterCiel nous avons vocation à accompagner les TPE/PME dans la définition de leur raison d’être et dans la construction d’une organisation cohérente avec l’ensemble de leurs objectifs particuliers et collectifs.